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LeSaintEsprit_231x642Le Saint-Esprit : quel est son ministère ?

Certaines personnes nous demandent comment nous comprenons la personne et l’œuvre du Saint-Esprit. Entre les charismatiques d’un côté qui encouragent les diverses manifestations de l’Esprit durant le culte, et les non charismatiques de l’autre côté qui découragent ces même manifestations, notre Église adopte une position médiane en proposant une troisième voie.

Croyez-vous en la présence du Saint-Esprit ?

Oui, il est l’une des trois personnes de la Trinité et il procède à la fois du Père et du Fils (Jean 15.26).

Nous vivons maintenant dans l’ère de l’Esprit. Avant son départ, Jésus avait promis d’envoyer le Saint-Esprit. Or, il a été donné et distribué par le Christ ressuscité le jour de la Pentecôte. Nous n’avons donc pas à attendre le Saint-Esprit, mais à célébrer sa présence parmi nous (Actes 1.8 ; 2.1-4)

Le Saint-Esprit est celui qui marche à nos côtés et qui nous accompagne dans notre vie de foi et d’Église. Il nous assiste, nous encourage, nous défend, nous guide, nous éclaire, nous perfectionne dans la foi (Jean 14.16, 26 ; 15. 26 ; 16.7).

 

Comment comprenez-vous l’œuvre du Saint-Esprit ?

Le Saint-Esprit a pour but de glorifier Jésus-Christ en nous, dans l’Église et dans le monde. Nous lui discernons quatre fonctions principales :

Il convainc le monde en ce qui concerne Jésus-Christ. Il œuvre dans les cœurs afin d’amener toute personne à la repentance et à la foi (Jean 16. 8-11),

Il éclaire les croyants dans la lecture, la compréhension et l’interprétation des Écritures. Il les conduit dans la vérité (Jean 14.26 ; 16.12-15),

Il transforme les croyants à l’image de Jésus-Christ et cherche à produire en eux une vie conforme à son enseignement (Galates 5. 22-24),

Il équipe les croyants pour l’édification, le ministère et le service chrétien en leur accordant des dons, des capacités et des habiletés divers (Romains 12.4-8 ; 1 Corinthiens 12.4-11).

 

Croyez-vous au baptême du Saint-Esprit ?

Oui, mais pour nous, le baptême du Saint-Esprit n’est pas une expérience subséquente à la conversion. Il se produit au moment même de la conversion.

Le baptême de l’Esprit marque la réception du Saint-Esprit chez le croyant et son incorporation dans le corps de Christ (1 Corinthiens 12.12-13).

Plusieurs croyants ont vécu des expériences spirituelles subséquentes à la conversion et qui se sont avérées transformatrices pour eux. Il s’agit pour nous de manifestations spéciales et ponctuelles de l’Esprit dans la vie du croyant.

 

Croyez-vous en la plénitude du Saint-Esprit ?

Oui, en nous et dans l’Église, il y a toujours de la place pour une plus grande mesure de l’Esprit afin de servir le Seigneur avec fidélité et puissance (Éphésiens 5.18).

Nous discernons dans les Écritures deux types de plénitude : la plénitude progressive et ponctuelle.

La plénitude progressive (ou continuelle) est liée au développement du caractère chrétien. Ce n’est pas une expérience unique qui règle la question une fois pour toute. C’est une quête continuelle, un abandon de notre vie à Dieu d’une façon répétée (Éphésiens 5.18 ; voir aussi Actes 6.3, 5).

La plénitude ponctuelle (ou momentanée) est une mesure de l’Esprit qui est accordée dans des moments particuliers pour des besoins précis. Elle est liée surtout au service et au témoignage chrétien dans le monde (Actes 2.4 ; 4.31).

 

Comment pouvons-nous être remplis du Saint-Esprit ?

Il n’y pas de formules magiques, de méthodes précises ou de recettes particulières. Nous croyons que Dieu est désireux de nous remplir constamment de son Esprit. Nous n’avons donc pas à le quémander sans cesse comme s’il refusait de nous l’accorder (Luc 11.13).

Le Saint-Esprit nous remplit lorsque nous « libérons la voie », c’est-à-dire, lorsque nous marchons continuellement dans la repentance et renouvelons quotidiennement notre désir de vivre en conformité avec l’Évangile. Nous devons tout simplement veiller à ne pas contrarier ou bloquer son action en nous et parmi nous en posant des gestes qui vont à l’encontre de sa volonté.

 

Croyez-vous aux dons spirituels ?

Oui, nous croyons que le Saint-Esprit distribue des dons aux croyants (des capacités et des habilités diverses) pour l’édification et le service chrétien dans l’Église et dans le monde.

Nous ne cherchons pas nécessairement à départager les dons spirituels des talents naturels. Nous regardons l’individu comme un tout. Autant les talents naturels que les dons spirituels sont des dons de Dieu et font partie du profil de la personne.

Le plus souvent, ces dons se manifestent de façon toute naturelle au sein de la communauté. L’important n’est pas tant de nommer nos dons que de servir Dieu dans l’Église et dans le monde en tenant compte de la manière dont il nous a fait. Lorsque nous offrons un séminaire de découverte des dons à l’Église, nous veillons à ce que cela soit fait dans une perspective globale de la personne humaine.

 

Et les dons dit « miraculeux », qu’en faites-vous ?

Nous croyons que les dons « miraculeux » ne sont pas réservés qu’à l’époque de Jésus et des apôtres. Ils peuvent encore se reproduire aujourd’hui.

Cependant, nous croyons que ces dons « miraculeux » se manifestent à des degrés variables selon les temps, les lieux et les situations rencontrées. C’est surtout Dieu qui en décide ainsi selon sa volonté et sa souveraineté. Nous ne jugeons pas négativement les Églises où ces dons se manifestent moins.

 

Croyez-vous que le Saint-Esprit agit davantage au sein d’un culte plus libre et spontané ?

Non, la présence, l’action et la puissance du Saint-Esprit ne dépendent aucunement d’une forme de culte en particulier.

Nous croyons qu’il y a diversité de manières de célébrer un culte : liturgique ou spontané, formel ou informel, structuré ou flexible, expressif ou méditatif, traditionnel ou contemporain. Dieu peut être adoré véritablement au sein de toutes ces formes cultuelles et l’Esprit s’y mêle comme lui seul sait le faire.

Il ne faut pas confondre nos préférences personnelles ou ecclésiales en matière de culte (ce que nous aimons en terme de chant, de musique ou de déroulement) avec l’action du Saint-Esprit. Ce sont deux choses tout à fait différentes.

 

Comment l’Esprit se manifeste-il dans l’Église ?

Selon nous, il y a quatre signes normatifs de la présence et de la plénitude du Saint-Esprit dans l’Église.:

L’Esprit-Saint produit un esprit d’encouragement mutuel au sein de la congrégation : « Ainsi, vous vous encouragerez mutuellement par le chant de psaumes, d’hymnes et de cantiques inspirés par l’Esprit » (Éphésiens 5.19).

L’Esprit Saint produit une adoration sincère provenant des profondeurs du cœur : « vous louerez le Seigneur de tout votre cœur par vos chants et vos psaumes » (Éphésiens 5.19).

L’Esprit-Saint produit une disposition de gratitude, un climat d’action de grâce dans l’Église : « à tout moment et pour toute chose, vous remercierez Dieu le Père au nom de notre Seigneur Jésus-Christ » (Éphésiens 5.20).

L’Esprit-Saint produit un climat social agréable et ordonné dans l’Église, des relations saines, harmonieuses et empreintes d’humilité : « Et parce que vous révérez le Christ, vous vous soumettrez les uns aux autres ». (Éphésiens 5.21)

 

Quelle attitude devons-nous avoir face au Saint-Esprit ?

Cherchons d’abord les signes normatifs de la présence de l’Esprit : fraternité, louange, action de grâce et relations ordonnées. L’Esprit-Saint clarifie avant tout nos relations avec Dieu et avec les autres.

Soyons ouverts aux signes plus occasionnels de la présence de l’Esprit : un miracle, un signe, un prodige, un rêve, un songe, une guérison physique ou émotionnelle, une expérience mystique, etc. L’Esprit Saint peut se déployer comme bon lui semble.

Laissons-nous impressionner par les œuvres discrètes de l’Esprit : par la beauté de l’encouragement, de l’adoration, de la gratitude et des relations marquées par l’humilité. Sachons discerner la présence de l’Esprit même s’il n’y a aucun « feu d’artifice » (1 Rois 19-9-13).

 

Stéphane Rhéaume, pasteur principal
Église chrétienne évangélique de St-Eustache

« Laissez-vous constamment remplir par l’Esprit. »  (Éphésiens 5.18)